Nous vivons chez les fous et nous le savons !

Récession, dépression, les interrogations sur l’avenir de l’économie réelle se posent tous les jours un peu plus. Les interviews de politiques se multiplient, les déclarations et commentaires des responsables s’étalent ; pourtant l’analyse est toujours courte. Les banques prétent sur des projets de spéculation qui eux mêmes sont garantis par des prêts sans aucune garantie. Tout le monde sait que les bénéfices des banques sont basés pour un pourcentage énorme sur des prises de risque spéculatives et non sur la juste rémunération de prêts à des entreprises avec des projets industriels. Pourquoi ? parceque tout le monde sait que prêter sur un projet industriel constitue un risque énorme dans un marché où la concurrence est mondiale avec des prix de vente toujours plus bas, des coûts toujours plus haut et des consommateurs aux goûts très volatiles et qu’il est plus aisé de gagner en n’ayant rien à vendre ni à fabriquer, en s’inventant des marchés où chacun se revend avec profit des patates chaudes sur lesquelles on reprend des bénéfices en revendant au même acteur qui revend en refaisant un bénéfice. Investir dans les entreprises, surtout celles de taille moyenne ne représente pas pour les banques des risques supportables, la perspective de se retrouver avec des machines, des usines et des employés qui pourraient occuper les lieux ne les enchantant pas. Ce n’est pas nouveau : les banques ont toujours tenu le même discours ; même en période faste. elles disaient qu’elles n’avaient pas vocation à revendre des stocks et des machines si les affaires ne fonctionnaient pas, les petits chefs d’entreprises ont tous vécu ce discours. Tout le monde le savait, les politiques en tête et les petits entrepreneurs qui en souffraient. Aujourd’hui, l’équation est simple dans une société qui n’est plus, au moins dans les pays développés, une société de consommation, mais une société d’arnaques dans laquelle chacun s’installe avec plus ou de succès suivant qu’il se trouve ou non dans une position dominante, car la consommation a ses limites dès lors que les besoins sont satisfaits. L’état qui ne peut plus augmenter les taxes participe allégrement au système en multipliant les endroits où il peut préléver des amendes par l’instauration d’un racket systématique sous des prétextes de sécurité ou d’environnement rassurants : diminution des places de stationnement autorisées malgré un nombre de voitures croissant, radar réglés astucieusement pour faire tomber dans le piège à partir de 12 centimètres par seconde au delà de la vitesse autorisée imposant une conduite où le regard sur le compteur est plus important que la surveillance de la route, création de règles d’hygiène dans les restaurants tellement tatillonnes que les petites unités n’ont aucune possibilité de les suivre. Rien ni personne n’est épargné dans ce jeu où tous les coups sont permis surtout les plus tordus ; dans l’immobilier la vente à la découpe fut un exercice qui a étonné un temps, peu de temps en vérité. Avoir toléré que des restaurants s’engraissent en exploitant des sans-papiers est criminel. Certes, celà arrangeait les sans-papiers, mais ça faisait surtout des bénéfices pour les négriers. Aujourd’hui les débordements sont si flagrants que ces système mafieux sont à leurs limites. Oui, les entreprises peuvent grossir sur leurs marchés respectifs si la consommation et les besoins à satisfaire augmentent mais penser que les économies se développeront au travers d’un seul leader mondial par secteur qui possède tout est une folie ; imaginer que les bénéfices des entreprises peuvent augmenter de 15 % par an est dément ; faire confiance aux agences de notations qui décrétent l’avenir des entreprises à partir de courbes multicolores qui négligent les facteurs humains est délirant. Et pourtant tout le monde suit ce modèle en faisant semblant de ne pas connaître la vérité. On prévoit 20 millions de chomeurs en plus ; combien prévoit on de morts ?

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